Super Nanny au naturel

©LauraCombe

Retour sur la suite* de ma rencontre avec la Chablaisienne Sylvie Jenaly, alias Super Nanny, qui a bien voulu répondre à mes questions.

Super Nanny, c’est vous ou un personnage ?
Ce serait beaucoup plus facile si c’était moi car le rouge n’est pas ma couleur favorite ! (rire) Plus sérieusement, il s’agit avant tout d’un concept inédit créé par la section TV de Warner Bros. UK, centré sur un personnage de fiction, à l’autorité naturelle et au dress code particulier.

Quelles sont les différences ?
Eh bien, par exemple, je n’ai ni voiture rouge, ni cheveux lisses, ni lunettes. Mais tout ce qui est dit dans le générique est vrai, j’ai notamment bien été gouvernante pour des familles royales.

Peut-on en savoir plus ?
Non. (sourire) Tout ce que je peux dire, c’est que je rencontre toujours des familles incroyables. A travers les 50 épisodes de l’émission, j’ai fait la connaissance de centaines d’enfants dont je prends régulièrement des nouvelles.

Vous êtes presque comme un membre de la famille.
Oui, certains enfants veulent parfois que je reste ou que je parte en vacances avec eux. Une petite fille m’a même appelée un jour « sa » Super Nanny ! Pour moi, c’est mon travail : je rentre tout simplement dans la peau de Super Nanny quand je frappe à la porte des familles, et je redeviens Sylvie lorsque je les quitte.

En parlant de Sylvie : chic ou décontractée ?
Par expérience, et même si c’est compliqué, j’ai l’habitude de courir avec des talons ! (rire) Alors je dirais jean-escarpins ou même jean-baskets, car au quotidien je suis très naturelle, avec un esprit un peu écologique, par exemple je suis très tournée vers les animaux et la zoothérapie.

©Julien Cauvin

Que pensez-vous des nouvelles formes d’éducation ?
Je suis en faveur et toujours à l’écoute de méthodes « cas par cas » et adaptées à chaque personnalité, comme la pédagogie Montessori qui est parfaite pour la période maternelle, mais à condition qu’elles ne tombent pas dans l’extrémisme et qu’elles soient cadrées.
Je regrette également le manque de suivi et de continuité car certains enfants se retrouvent après en difficulté face à un enseignement classique.
La société n’est peut-être pas encore prête pour l’instant.

Comment ça ?
On prône davantage de communication et de bienveillance alors que certains manquent avant tout de bases éducationnelles…comme le civisme, pouvant tout à fait être appris à l’école qui doit garder son rôle de transmission.
Il faut également rester ouverts et se « nourrir » de la vie, de bonnes idées éducatives peuvent surgir de partout !
Dans tous les cas, et quelque soit la pédagogie choisie, ce qui compte le plus selon moi c’est d’enseigner des valeurs identiques.

Quelles sont ces valeurs ?
Peut-être « ne fais pas autrui ce que tu n’aimerais pas pas que l’on te fasse » ?Arrêter de juger et respecter les autres.

Quels conseils voudriez-vous donner aux parents qui lisent cet article ?
D’être créateurs de souvenirs et de passer du temps en famille car aujourd’hui, les parents ont moins de temps à consacrer à leurs enfants qu’avant. C’est oublier qu’ils sont les meilleurs exemples d’adultes pour eux et qu’ils doivent les guider et les accompagner, tout en les gardant à leur place d’enfants.

Cela semble (presque) facile, ça a été le cas pour vous ?
Non, j’ai aussi rencontré des difficultés avec mes propres enfants comme n’importe qui ! Il faut juste être patients tout en cadrant gentiment.
Comme je le rappelle dans mon livre, on ne naît pas parents, on le devient !

Parlons justement de votre livre. C’est quelque chose qui vous tenait à coeur ?
Absolument. J’ai toujours aimé l’écriture et je voulais concrétiser mon rêve. Il y a quelques années, j’ai même écrit un livre pour enfants qui n’a pas été édité, autour de l’imaginaire d’une petite fille qui n’arrive pas à dormir.

Vous semblez dévoiler aujourd’hui davantage votre vie privée.
A l’image de personnalités comme Philippe Etchebest ou Stéphane Plaza qui comme moi ne sont pas issues de la tv, je veux que l’on comprenne la femme derrière le personnage, et raconter mon expérience.
C’est d’ailleurs pour cela que le générique de la nouvelle saison a été également repensé dans ce sens.

Vous êtes très tournée vers les autres.
Oui, c’est dans ma nature. Toute ma vie j’ai été « au service de » et sincèrement, j’adore faire plaisir en faisant plaisir et offrir des cadeaux ! (sourire)
Je soutiens également de nombreux projets, comme l’association gueriduncancer dont je suis la marraine, qui sensibilise aux cancers pédiatriques.
Elle contribue à faire avancer la recherche, améliorer les conditions de vie des patients dont la vie est en jeu et convaincre le gouvernement d’en faire l’une de ses priorités. Je me bats pour tous ces enfants que la maladie et ses traitements tuent.

En cette nouvelle année, citez un mauvais souvenir à oublier, un bon à conserver et un projet à achever.
Je jette à la poubelle les polémiques autour de l’émission qui m’ont confortée dans mon attitude de ne pas y répondre.
Je garde ma première expérience dans une famille royale, qui a prouvé qu’on pouvait me faire confiance.
Je m’évertuerai à faire encore mieux pour tout et dans tous les domaines, et je me réjouis de l’ouverture prochaine de mon Ecole de Parents à Genève.

* Retrouvez la première partie de cette interview dans votre magazine Tendance n°6 !

→ Les Bonnes Adresses de Sylvie :