La société du paraître sur fond de notes impressionnistes

La plume de Danièle Séraphin transpire l’émotion et la poésie. Avec son septième roman, «le bal des canotiers», on y découvre une ambiance XIXe siècle éclatante de paysages nés de l’impressionnisme dans une histoire contemporaine. Cette écrivaine du bassin annécien nous transporte à Auvers-sur-Oise, village romantique et écrin de Vincent Van-Gogh. Elle détricote la jalousie féminine au travers de mots justes, mais surtout d’émotions sur « l’être et le paraître » ou plutôt « comment être dans une société du paraître.»

Céleste, jardinière dans l’âme, laide et grosse, mène une vie recluse alors que sa soeur (fausse) jumelle Annabelle est mannequin à Paris. Le lecteur chemine sur les traces de l’être et du paraître. Un personnage masculin perturbateur se retrouve pris entre les deux soeurs que tout oppose. Mais quand la mode se démode, le mannequin va découvrir la lumière intérieure émanant de sa sɶur. La jalousie se dessine. Le laid devient beau et inversement. Une histoire qui révèle à la gente féminine les frontières de l’être et du paraître dans l’univers du « jeunisme » exigé par notre société.

Une pépite littéraire à découvrir, d’autant que l’auteure n’est allée qu’une seule fois à Auvers-sur-Oise où elle s’est laissée imbiber par les émotions et les impressions. Un talent que Danièle Séraphin tire de son passé d’enseignante chorégraphe. Comme quoi les écritures de la danse et des mots sont faites pour s’entendre…

« Le bal des canotiers » de Danièle Séraphin – Editions Complicités