Quand y’en a « marre du tout bleu ou tout rose » !

Un de mes plus gros kiffs en cette fin de seconde grossesse a été de préparer la layette de mon futur bébé. Et j’ai honnêtement salué ma présence d’esprit de l’époque d’avoir choisi majoritairement des tenues mixtes en prévision d’un éventuel petit deuz !

Cela m’a amenée forcément à réfléchir plus profondément au business des vêtements pour bébés…Par exemple, pourquoi les habits catégorisés sont-ils omniprésents ?! Je me suis rapprochée de mon amie Anne, spécialiste du genre et créatrice de la marque suisse Crapules, qui a décidé de s’attaquer au problème.

En trois mots, comment définirais-tu Crapules ?
Nous proposons des produits pour enfants en tissus biologiques ou recyclés qui défendent des valeurs de développement durable : respect de l’environnement, respect du travail et de l’humain, engagement pour un monde ouvert sur la diversité, tout en privilégiant les aspects de confort et d’esthétique.

Quel genre de produits ?
Des vêtements 0-2 ans, mais aussi des tricots réalisés par des femmes aux parcours incroyables, des doudous en tissus récupérés, ou encore des coussins en noyaux de cerises, petit clin d’oeil à ma grand-mère dont c’était le remède miracle.

Quand as-tu eu l’idée de créer ta propre ligne ?
En 2015, à l’arrivée de mon premier enfant. J’ai été frappée par le manque d’offre sur le marché : très difficile de trouver de jolis habits, accessibles financièrement, en coton bio, réalisés de manière éthique, qui ne soient pas bleus avec des voitures pour les garçons et roses à paillettes pour les filles.

Tu n’avais pourtant pas d’expérience dans la puériculture et la confection de vêtements ?
Aucune, mis à part ces premiers temps en tant que mère ! Il faut dire que moi-même je récupérais du matériel plutôt que de l’acheter neuf pour quelques mois seulement… Alors j’ai d’abord réalisé un petit sondage autour de moi pour voir quels étaient les besoins et les attentes.

Et ensuite ?
Ça a été un démarrage en autodidacte, avec des gabarits que je trouve pratiques, des prototypes testés par l’entourage, la contribution de personnes de talent, mais aussi de la récup, des modèles unisexes et un moyen d’exprimer mon côté créatif… Quoi de mieux que l’univers des enfants pour laisser libre cours à son imagination ! 

A ce propos, es-tu à l’origine de chaque design ?
Oui. A l’exception des tricots, tout est dessiné et modélisé par mes soins, à la maison. Mais je suis entourée de partenaires géniaux : l’entreprise indo-allemande Mila Fair Trade Clothing pour la fabrication, Cathy et ses comparses côté tricots, et la fondation genevoise d’insertion Trajets pour les notices des coussins.

L’aspect collaboratif est important pour toi ?
Tout à fait, j’ai pour vocation sur le long terme de monter des projets qui font sens et créent du lien. J’aimerais favoriser l’émergence de nouvelles dynamiques et synergies, notamment autour de la cohésion sociale et l’intégration professionnelle de public variés.

De belles ambitions que tu sembles porter avec fierté
Crapules est et a toujours été un projet personnel et global qui correspond à ce que je suis, à mes études, à mon parcours dans la promotion de l’égalité, à mon engagement dans la vie associative et sociale. Il est nourri des rencontres que j’ai faites dans le cadre privé et pro et j’espère qu’il continuera à l’être.

Nous te le souhaitons aussi. En guise de conclusion, si tu nous parlais de toi ?
Je suis femme, mère, épouse, copine… Féministe engagée qui se retrouve face à ses contradictions et ses paradoxes, surtout quand il s’agit de ses deux garçons ! Sinon j’aime les voyages, les gens, sources d’inspiration pour moi, et la nouveauté. Je n’ai qu’un seul problème : je manque de temps !

Crédits photos : ©Crapules