Quand l’art du couteau aiguise la curiosité

Quand l’art du couteau aiguise la curiosité

Ne développons-nous pas une attirance particulière envers un beau couteau ? Il est en tout cas mon fidèle compagnon dans la poche de mon sac à dos sur un sentier de montagne ou dans la sacoche de mon vélo quand je pars pour une longue virée. 

En Haute-Maurienne, j’ai rencontré Dominique Ernaga, forgeron coutelier. Il a participé en mai 2018 à Coutellia, festival international du couteau d’art à Thiers (capitale du couteau)

Il revient sur le BA BA de la fabrication d’un beau couteau :

Que fabriquez-vous comme couteaux ?

Plutôt des couteaux utilitaires à découper, de style nordique, des couteaux à sculpter, des couteaux à huîtres ergonomiques ou des couteaux pliants plus légers pour glisser dans une poche ou à utiliser à table. 

Comment vous est venue la passion de la forge ?

Au cours d’une formation, j’ai été amené à découvrir le travail sur une forge pour réparer des outils. Puis j’ai fait des stages chez un forgeron pour parfaire la technique. Avec une forge, on atteint des résistances de l’acier qui ne seraient pas possible par usinage. Je refroidis le métal pour le figer dans de l’huile d’olive tout simplement, puis je martèle et je meule ce qui deviendra la lame. 

Je suis attiré par les couteaux en raison du volet particulièrement créatif de l’ustensile  quant à la fabrication du manche et de l’étui. Je fabrique aussi des tire-bouchons, des heurtoirs, des porte-clefs. 

Quels sont les matériaux utilisés pour les manches ? 

J’aime varier les matériaux. De la corne de zébu, de buffle, de l’os, du bois de cerf, de renne, de l’ivoire de mammouth. Pour le bois, ils sont choisis en raison de l’esthétique :  du buis, de la loupe de bouleau, du genévrier, du cade, de l’ébène, du pistachier, de la bruyère et du morta, un bois enseveli dans des tourbières il y a longtemps et qui s’est transformé en silice. J’ai aussi créé une matière résistante pour les manches avec du tissu et de la résine pour un couteau léger. Mes pièces sont uniques. 

Et les étuis ?

Ils sont en cuir haut de gamme munis d’un insert en bois à l’intérieur pour protéger l’étui de la lame.

Comment entretenir ces couteaux ?

Tout simplement en les rinçant et en les essuyant immédiatement, pour éviter la rouille. Avec le temps, la lame se patine et perd de son brillant. Petit conseil, il vaut mieux aiguiser régulièrement la lame avec un fusil en céramique, sans attendre que le couteau coupe mal. 

Pouvez-vous réaliser des pièces à la commande ?

Oui. Il est possible de combiner les formes et les matériaux. Mes couteaux peuvent accompagner des tables au quotidien. Un lien affectif se crée avec un beau couteau et il est important d’avoir le bon outil qui va bien ! 

 

 

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