Ouvrez la voie à Chamonix

« Ouvrez la voie », c’est le nouveau slogan de la marque Chamonix-Mont-Blanc. Et pour cette journée, notre « voie » commence par une excursion prisée depuis 1854, année de création de cette « buvette ». On part soit de la gare des Tines (1h40 de marche) ou du sommet du Village du Lavancher (50 min). Depuis ce village, le chemin débute à travers une jolie forêt d’épicéas et de feuillus, avant d’apercevoir la vallée de Chamonix, façonnée par les glaciers. A 1576 mètres d’altitude, la Buvette du Chapeau est un ancien pavillon (ou buvette) pour la clientèle fortunée de l’époque. La cabane a été construite à l’abri des avalanches, derrière un grand rocher, qui lui sert de chapeau, d’où son nom. Elle offre une vue originale sur la Mer de Glace, dans l’axe du front du glacier. En terrasse à l’ombre des mélèzes, Thierry Couttet régale ses hôtes d’une cuisine simple et maison. On savoure des bougnettes (des galettes de pomme de terre râpées, spécialité de la vallée de Chamonix) avant de succomber à une tartelette framboise ou myrtille. La buvette donne aussi accès à la tête de Prapator (1844m d’altitude), par un sentier difficile.
La Buvette du Chapeau est ouverte tous les jours, jusqu’au 20 octobre 2019. Infos ici

Après cette excursion, on est de retour au cœur de la capitale de l’Alpinisme pour un peu d’histoire. On pousse la porte du Musée Alpin. Ce lieu de culture présente l’histoire de la vallée de Chamonix, du 18e siècle à aujourd’hui. Plusieurs thématiques sont abordées : l’arrivée des premiers touristes, l’ascension du Mont Blanc, le développement des sports, la construction des téléphériques, des refuges, l’arrivée du chemin de fer en 1901… L’exposition présente les activités scientifiques au Mont Blanc, notamment à l’observatoire Vallot édifié à 4358 m d’altitude : la physiologie, le mal des montagnes, la géologie, la formation des montagnes, la météorologie, la glaciologie…

Une vitrine rassemble plusieurs objets liés à l’ascension du Mont Blanc, effectuée pour la première fois en 1786 par Jacques Balmat (paysan, chasseur de chamois et cristallier) et Michel Gabriel Paccard (médecin à Chamonix). Cet exploit sera réitéré un an plus tard par Horace Bénédict de Saussure (un savant de Genève). On peut y observer une gourde, une sacoche, un carnet qui auraient appartenu aux 2 premiers ascensionnistes du toit des Alpes. Cette année, le musée présente une nouveauté : le bâton de Jacques Balmat. Ce seul exemplaire de bâton de montagne est un témoignage exceptionnel des débuts de l’alpinisme. Ce bâton en bois servait à traverser les crevasses, sonder la neige et assurer les clients (avant l’arrivée de la corde et du piolet). Après la mort du médecin, son bâton aurait été vendu aux enchères, et acheté par Jean Méril Payot pour s’en servir. Ce dernier souhaitant remplacer la pique de fer usée, le porte chez un forgeron, Pierre Devouassoud, qui propose de lui troquer contre un bâton neuf. Le fameux bâton a été présenté aux fêtes du centenaire de l’ascension, puis son existence est oubliée. Conservé par la famille Devouassoud, il est depuis peu en dépôt au Musée Alpin..

L’étage présente les sports d’été et d’hiver (le vélo, la luge, le patin, le bobsleigh…) ainsi que l’évolution du matériel d’alpinisme (piolet, chaussures, sac, crampons…). Une collecte a été réalisée auprès de la population pour récupérer des objets après les années 50, ayant une histoire pour la vallée de Chamonix. On découvre notamment le matériel de Gaston Rebuffat : piolet, casque, coinceurs et broches …
Avant de quitter le musée, n’oubliez pas de faire un détour par la partie plus artistique de l’exposition où la Mer de Glace se présente comme curiosité esthétique. On peut notamment contempler 2 grands tableaux de Gabriel Loppé redécouverts récemment. Une grande peinture à l’huile présente un point de vue original depuis le milieu de la Mer de Glace et ses séracs. Infos ici

photos (c) Lorène Herrero – OT Chamonix