Manger vegan au restau, c’est possible !

Connaissez-vous VegOresto ? 
Action lancée sur le territoire national par l’association L214 éthique & animaux, elle vise à accompagner et rendre visible gratuitement les restaurateurs proposant de la cuisine végétale. Identifiables grâce à un petit macaron multicolore, les établissements concernés offrent des alternatives à la viande et au poisson avec quotidiennement au moins un menu vegan comprenant entrée, plat, et dessert.

A l’échelle haut-savoyarde, douze adresses appartiennent aujourd’hui au réseau, dont plusieurs bio, comme Granny Smith à Annecy ou Jumbo à Thonon. Je me suis rendue à Bons-en-Chablais dans l’un d’entre eux, le Tréseaur, pour discuter avec deux acteurs locaux de l’initiative : Philippe Mermin, restaurateur, et Isabelle Dessaux, brigadière VegOresto.

©Laura Combe

Philippe, pourquoi avez-vous accepté de rejoindre VegOresto il y a six ans ?

J’ai trouvé le concept original, accessible et peu contraignant, basé surtout sur une démarche commune, la valorisation de chaque restaurant, sans oublier l’indispensable bouche-à-oreille. Des passerelles entre adhérents se créent également, les « anciens » accompagnant les nouveaux dans le développement et l’adaptation de leur carte. Je sais que la transition est parfois difficile (achat de matériel, changement de fournisseurs, etc.) mais pas impossible et gratifiante.

Vous êtes l’un des précurseurs de la cuisine végétale dans notre région, continuez-vous à la défendre ?

Absolument. Lors de la création de mon ancien restaurant végétarien en 1981, j’étais l’un des premiers à croire en l’avenir du bio et du végétarisme, l’une des meilleures formes d’alimentation selon moi. Cela n’empêche pas aujourd’hui le Tréseaur d’être un restaurant traditionnel proposant aussi bien des plats végétariens que des plats de viandes locales car je crois en la cohabitation possible des deux, sans pour autant cautionner la surindustralisation.

Vous ne prévoyez donc pas de passer à une carte 100% vegan ?

Il ne faut jamais dire « jamais », mais certains mouvements alimentaires peuvent ne pas durer, à l’exemple de la macrobiotique. Cependant, je peux me tromper et comme quelqu’un dont j’ai oublié le nom l’a dit, peut-être qu’« être vegan est une forme d’avant-gardisme qui sera popularisée et légitimée d’ici une centaine d’années ». Cela étant dit, je condamne l’extrémisme et la violence parfois de certains militants vegan, même si je salue leur force et leur engagement.

Isabelle, quel regard portez-vous justement sur ces débats d’idées ?

Je pense qu’avant tout, il y a de nombreuses idées préconçues sur l’alimentation. Par exemple, la nourriture carnée serait liée à certains comportements, alors qu’il a été prouvé que l’énergie ou l’intelligence n’en dépendent pas forcément : preuve en est, l’un des hommes les plus forts du monde est végétalien ! Nous savons aussi que manger moins de viande a un impact sur l’environnement, le niveau de pollution, et bien sûr la population animale qui n’est plus sacrifiée pour rien.

Vous êtes très sensible à cette cause ?

C’est vrai. Le bien-être et le respect des animaux me tient à coeur et je pense qu’il est important d’enfin ouvrir les yeux sur la réalité du monde. Cela passe notamment par manger « en conscience », c’est-à-dire être davantage à l’écoute de nos instincts. Une vision que je partage avec de plus en plus de gens, qu’ils soient simples citoyens, observateurs pacifistes, acteurs de l’alimentation, scientifiques reconnus ou personnalités médiatiques.

Ce qui explique les raisons de votre engagement ?

Effectivement. L’antenne chablaisienne de VegOresto existe depuis 2015 et fournit de nombreuses ressources pour informer et documenter au mieux les restaurants dans ce choix crucial. Parallèlement, avec l’envie de changer d’échelle, nous avons également créé ce printemps l’association Vegetaliz, collectif citoyen qui entre autres encourage les collectivités à fournir encore plus de produits bio, locaux et végétaux, toujours frais et contrôlés.

Prochains rendez-vous Vegetaliz à Thonon :

  • Conférence-spectacle « Animaux – Santé – Alimentation – Planète : fini l’âge bête ! » animée par Guillaume Corpard – Vendredi 19 octobre au Centre Oyosoy
  • Soirée vegan – Jeudi 25 octobre au restaurant gastronomique Raphaël Vionnet
© photos (sauf mention contraire) : Vegetaliz/DR