Coup de projecteur

©LauraCombe

Si je ne devais choisir que 3 loisirs à garder, ce serait sans hésiter la musique, les livres, et surtout le cinéma.
C’est pourquoi j’ai été ravie d’interviewer le président du Club Silencio, Jean Guillard, qui m’a reçue en toute convivialité.

Qu’est-ce que le Club Silencio ?
Créée en 2010, notre association comporte six membres fixes, une cinquantaine d’adhérents et un listing de plus de 200 spectateurs.
Notre objectif : partager et transmettre l’amour et la diversité du cinéma en diffusant et débattant mensuellement autour de grands films de qualité, qu’ils soient anciens ou récents, populaires, d’auteur, ou encore « patrimoniaux ».

Plus précisément ?
Avec une dizaine de films diffusés par an – 80 à ce jour, dont le registre large s’étend de « M le Maudit » (1931) à « Adieu au langage » (2014) en passant par « Pulp Fiction » (1994), et sans élitisme aucun, nous voulons donner l’envie aux gens d’aller ou de retourner au cinéma.
Nous avons d’ailleurs fait le choix d’une adhésion au prix symbolique de 1 € /an, afin de faire payer uniquement la place de cinéma, proposée au tarif réduit de 6,50 €.

C’est un prix très correct. Est-ce en collaboration avec les cinémas de Thonon et Evian ?
En effet. Leur participation est très importante et nous sommes heureux d’avoir le soutien de leurs propriétaires, qui restent décisionnaires dans le choix des films, sont gestionnaires de la billetterie et paient les droits audiovisuels.
Sans oublier également les aides apportées par les municipalités d’Evian et Thonon, nous permettant d’inviter régulièrement des intervenants et d’augmenter notre visibilité.

Comment choisissez-vous les films ?
Il faut préciser que nous ne diffusons que de la fiction, c’est-à-dire aucun documentaire.
Sinon, notre programmation annuelle est basée sur trois axes :

  • 6 séances COUP DE COEUR, dont les films sont proposés par des membres,
  • 2 séances RATTRAPAGE, présentant un film au succès critique et presse récent (moins de 9 mois) n’ayant jamais été diffusé dans le secteur, à l’instar de « Lumière ! L’aventure commence » ou « Diamant noir », sortis en 2016,
  • 2 séances EVENEMENT, avec des invités de haut niveau présentant ou commentant le film, comme des professionnels de l’histoire et de l’analyse du cinéma (universitaires), ou bien des journalistes/blogueurs voire même des éditeurs de collection de cinéma. En revanche, nous regrettons de ne pas avoir encore reçu d’acteur/actrice ni de réalisateur/réalisatrice !

Le public est-il toujours au rendez-vous ?
Absolument. Depuis le début, la jauge spectateurs a pu varier de très faible (4 seulement) à très forte (plus de 70) – écart que nous n’expliquons pas forcément, mais dans l’ensemble, la fréquentation est stable, avec un nombre de spectateurs régulier. Constater d’ailleurs le bonheur et l’émotion du public qui a pu voir ou revoir certains films est très gratifiant.
Un dynamisme que nous aimerions justement poursuivre, en se tournant notamment vers le public adolescent et jeune adulte qui s’est éloigné du grand écran. Par exemple, nous avons organisé l’automne dernier une séance spéciale en partenariat avec le Bureau Information Jeunesse, dans le cadre du forum « Partir à l’étranger ».

A l’heure du numérique, n’est-ce pas particulièrement un challenge de promouvoir le 7e art ?
Bien sûr. Cependant, le cinéma reste un art majeur pensé avant tout pour le grand écran. Nous croyons au plaisir lié à la dimension de la salle de cinéma et cherchons à mettre en avant les films dans cette forme « originelle ». Nous avons aussi observé que diffuser des classiques ou des anthologies renforçaient les liens intergénérationnels entre les spectateurs.
Toutefois, l’aspect pratique et accessible des nouveaux supports est indéniable, même si entre nous, regarder un film sur un ordinateur ou une tablette n’a pas la même magie que de se faire une toile ! Cela étant dit, nous ne rejetons pas pour autant le numérique qui est omniprésent, et indissociable de nos évènements puisqu’il nous permet d’en faire la promotion.

A ce propos, quels sont vos prochains rendez-vous ?
Nous avons la chance de recevoir Jacques Déniel le 29 mars prochain, à l’occasion de la sortie récente de son livre consacré à Samuel Fuller, réalisateur de « Dressé pour tuer » (1982), qu’il nous présentera. La séance suivante, le 26 avril révélera le choix des spectateurs parmi 4 films présentés dans un sondage que nous avons ouvert en ligne.
Sinon, à long terme, nous souhaiterions développer des évènements plus grand public et de plus grande ampleur, peut-être via une intervention en médiathèque ou un ciné-concert avec un orchestre faisant l’animation d’un film muet.

Pour conclure, des choses à nous recommander ?
Evidemment un film, en écho avec l’actualité : l’assourdissant « Jusqu’à la garde » (2017), sur le thème des intolérables violences faites aux femmes.
Plus localement, l’association aux propositions concrètes « le MouvE » qui encourage l’investissement territorial des acteurs locaux et la librairie Climat, toujours de très bon conseil !

Ciné-club Silencio
Crédits-photos (sauf UNE) : ©Unsplash