Aux amatrices de l’or noir…

"Spécialité locale" !

Richerenches est un  magnifique village, marqué de son histoire et de sa Commanderie Templière.

Une ruelle typique

Singularité du lieu, eusse et égard à son appartenance lointaine à la Cité des Papes, il est une enclave du Vaucluse dans le département de la Drôme !

L’arbre n’est pas droit… Vu le mistral qui souffle souvent il n’y a pas de hasard !

On le connaît, surtout, pour ses truffes. Le 18 novembre dernier se tenait le Ban des Truffes ou l’ouverture officielle du marché aux truffes.

Truffes vendues au grand public

J’y étais et je vous le conseille ! Tout est réuni pour passer un excellent moment. Le village est beau, très beau même. Le marché ne propose pas que des truffes, on y trouve, aussi, entre autres, de vrais petits producteurs comme pour l’huile d’olive ou les fruits et légumes.

Un joli étal de produits locaux

La foule était nombreuse même si la truffe en cette saison, et particulièrement cette année, n’est pas encore assez mûre. Qu’à cela ne fasse, l’ambiance y était, tout comme un mistral glaçant ! Pour tout comprendre de ce succès, j’ai discuté avec le Grand Maître de la Confrérie du Diamant Noir et de la Gastronomie ( oui madame ! ),

Monsieur VEYRADIER, grand Maître de la confrérie du Diamant Noir et de la Gastronomie
Médaille des membres de la Confrérie

avant qu’il ne parte, avec ses membres, pour une parade dans le village.

Raccourci de notre  discussion : Richerenches connaît un essor pour la truffe depuis la seconde guerre mondiale. Grâce à l’arrivée du train, on se presse ici, alors, pour acheter de l’or noir.

Au cours du 18 novembre pour la Tuber Melanosporum, THE truffe, ce lot vaut 52€ et on pourra y faire 1 brouillade pour 1 personne, 1 risotto pour 1 personne et une brouillade pour 5 personnes. Par rapport à ce que coûte des brisures en conserve, même si pour les locaux, le prix est élevé, pour les “étrangers”, c’est un bonne affaire ! En plus, même si elle n’est pas assez mûre, il n’en reste que tous les plats ont un bon goût de truffes.

Pas fous, les paysans sacrifient des terres pour planter des chênes truffiers et anticiper le futur, il faut 10 ans environ avant que l’on puisse, sous réserve d’acceptation de Dame Nature, y voir poindre quelques belles Tuber Melanosporum, reine des truffes noires ! Pour autant, chaque année amène son lot de surprises. Tout peut être magnifique comme catastrophique… Seule chose qui est assurée, une truffe qui pointe son nez au pied d’un chêne et meilleure qu’au pied d’un noisetier. Elle dégage plus de saveurs. Si les récoltes étaient plus que florissantes il y a encore quelques années,

Photo, comme nombre d’autres, à découvrir au Musée de la truffe et du vin, aussi passionnant qu’intéressant, installé dans la superbe Commanderie des Templiers à Richerenches.

aujourd’hui, elles se raréfient. 60% des truffes françaises viennent de la région et non du Périgord comme trop le croient. Bientôt fini la truffe ? Non ! Les Espagnols ont été plus malins, ils ont planté des chênes en masse, il y a quelques années, et c’est le jackpot ! En plus, elles sont bonnes, pas comme les chinoises qui tiennent de la pure arnaque ! Ici aussi, on ne peut pas nier une baisse, mais elles sont encore là et la Confrérie veille…

Si des langues se délient et d’autres jouent à « je ne vois pas ce que vous voulez dire… »,

Sur le Cours du Mistral, qui porte TRÈS bien son nom, le marché est réservé aux professionnels. Ici , on parle, on débat, on achète en toute discrétion.

vendre de la truffe à Richerenches et dans la région, rapporte ! Et comme, il est impossible de connaître la production annuelle, vu les fluctuations des récoltes d’une année à l’autre, la truffe noire permet de se faire un petit pécule… Toutes ne viennent pas des plantations privées de chênes truffiers, il suffit de regarder les forêts avoisinantes pour se dire que les chiens, formés à l’exercice pour en déterrer, ont encore de beaux jours à “truffer” devant eux et nous, par la même occasion, pour en déguster !

L’omelette aux truffes qui est proposée lors de certains marchés.

Conclusion : Si vous aimez la truffe jusqu’en mars, allez à Richerenches et plus spécialement le 3ème dimanche de janvier, période où elle prend toute sa grandeur, car durant la Messe de Saint-Antoine, patron des trufficulteurs, Monsieur le Curé lui apporte toute son attention…

Messe des truffes – Richerenches

Je veux mon neveu ! Car les offrandes se font en truffes fraîches, qui sont ensuite vendues aux enchères au profit de la paroisse.

Messe des truffes – Richerenches

Richerenches, ce n’est pas du folklore, c’est à vivre si on aime la Tuber Melanosporum et la beauté d’un vrai village plein d’autres richesses.

www.richerenches.fr